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Tunisie: Bataille médiatique autour de Jalloul Ayed... L'opposition se divise et demande le report de l'annonce

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"Certaines parties politiques sont entrées dans une campagne médiatique sans précédent pour imposer leur candidat à la présidence du gouvernement", fustige le Front du salut national (FSN) dans un communiqué publié mercredi.

Sans le nommer, ce "candidat" auquel le FSN fait référence n'est autre que Jalloul Ayed. La scène médiatique a en effet été inondée depuis le début de la semaine par des annonces précipitées, exprimées par des représentants d'Afek Tounes et de l'Alliance démocratique.

Pressions médiatiques

Ces deux partis (qui ne font pas partie de la coalition du FSN formée entre autres de Nida Tounes, Al Joumhouri, Al Massar et du Front populaire) ont décidé de tout miser sur l'économiste et ancien ministre des Finances, Jalloul Ayed.

Sur sa page Facebook, Najla Bouriel, la députée de l'Alliance démocratique n'a pas hésité à annoncer la conclusion d'un accord, se "félicitant du nouveau chef du gouvernement, Jalloul Ayed". Une publication qui a été supprimée par la suite.

D'autres députés, dont Noômane Fehri (Afek Tounes) ou encore Mahmoud Baroudi (Alliance démocratique) ont déclaré qu'un consensus pouvait être trouvé autour de M. Ayed, arguant que l'ancien ministre n'avait été refusé par aucun parti politique.

Le FSN frappe fort... sans Al Joumhouri

Alors que Nida Tounes et Al Massar avaient officiellement annoncé qu'ils déléguaient au quartet la tache de choisir la personnalité la plus apte à former le prochain gouvernement, les représentants du Front populaire sont montés au créneau. "Il est inexact de dire qu'il y a un consensus au sujet de Jalloul Ayed. Ce n'est pas parce que nous n'avons pas exprimé notre refus que nous le considérons capable de mener la prochaine étape de transition", rétorque Hamma Hammami à Mahmoud Baroudi, par médias interposés.

Devant la multiplication des effets d'annonce que le quartet s'est évertué à démentir, le Front du salut national mené actuellement par Nida Tounes et le Front populaire, est à son tour sorti de son silence et les sous-entendus à l'encontre de Jalloul Ayed sont sans appels:

"Ce qu'il faut, c'est un consensus autour d'une personnalité indépendante éloignée des soupçons de corruption, d'allégeance aux intérêts d'un groupe et capable de mener une équipe gouvernementale compétente et impartiale pour appliquer un programme de salut consensuel", lit-on dans le communiqué du FSN.


Pour autant, ce communiqué a été publié sans l'accord d'Al Joumhouri. Réagissant sur les ondes de Shems FM Issam Chebbi a vivement critiqué les méthodes de ses alliés. "Nous n'avons pas participé à la réunion et ce communiqué n'engage pas le Front du salut. Certains veulent utiliser le FSN pour exprimer leurs propres positions, ce que nous condamnons", a-t-il déploré. M. Chebbi a précisé que ni son parti, ni Al Massar (entre autres) n'étaient présents.

Le dilemme de Houcine Abassi.. Les partis politiques à la rescousse

Face à ces dissensions, l'annonce d'un accord sur le futur chef du gouvernement est plus que jamais compromise et la promesse de Houcine Abassi difficile à tenir. Selon plusieurs sources proches de l'UGTT, le secrétaire général de la Centrale syndicale, n'était lui-même pas favorable à la nomination de Jalloul Ayed dont l'approche ultra-libérale et critique vis-à-vis des syndicats ouvriers aurait pu faire des étincelles.

Pour sortir Abassi du dilemme dans lequel il est empêtré, les partis du Front du salut ont donc multiplié les déclarations aux médias appelant à un énième report.

"Au nom d'Al Joumhouri, nous avons demandé officiellement à Houcine Abassi de reporter son annonce. Il n'y a pas aujourd'hui de consensus et le plus important est la réussite du dialogue, même si pour cela il faut retarder les échéances", a indiqué Issam Chebbi. Cette demande a également été exprimée par Néjib Chebbi (Al Joumhouri) et Samir Taïeb (Al Massar).

"Je sais que tous les Tunisiens sont dans l'attente, mais jusqu'à présent le dialogue national n'a pas rempli les objectifs qu'il s'était fixé pour sortir le pays de la crise", a enfin déclaré en fin de matinée Houcine Abassi en marge de la commémoration de l'assassinat du leader syndicaliste Farhat Hached.

Ainsi, les "jours décisifs" se suivent et se ressemblent, malgré les dates et ultimatum maintes fois annoncés puis reportés. Alors que les partis de la troïka gardent le silence, les partis de l'opposition se déchirent et la crise déclenchée par l'assassinat de Mohamed Brahmi le 25 juillet dernier perdure.

LIRE: La cote de Abdelkrim Zbidi au plus haut pour le poste de Premier ministre... Les médias se sont-ils trop vite avancés?


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