Sana Hassainia députée tuniso-canadienne a créé la polémique outre-Atlantique.
En effet, depuis qu'elle a été élue en 2011 sous les couleurs du Nouveau Parti démocratique, la Tunisienne brille par son absence. L'an dernier, la députée, devenue indépendante après son élection, a manqué 94 % des votes à la Chambre des communes.
Cette députée de quarante ans est née à Tunis et y a même fait ses études supérieures dans la faculté des Lettres et des Sciences Humaines de Tunis (9 avril). Elle a poursuivi ses études plus tard à l'université de Montreal.
Voici un reportage signé Thomas Gerbet, publié par nos confrères du HuffPost Quebec
.
"Ne cherchez pas Sana Hassainia au Parlement après 16 h: elle est rentrée chez elle. Et encore, ce sont les jours où elle s'est déplacée au bureau."
"C'est mon choix, justifie-t-elle. J'ai une façon personnelle de concilier travail et vie de famille."
La députée, payée 163.000 dollars canadiens par année (soit 21.000 dinars par mois), reconnaît ne pas avoir une "assiduité suffisante". En 2014, la députée a participé à 16 votes sur 269.
Sana Hassainia s'est fait connaître en septembre 2012 en allaitant son bébé à l'intérieur de la Chambre des communes.
Très rares apparitions dans sa circonscription
Plusieurs sources au sein de sa circonscription décrivent une élue « fantôme », à son bureau comme sur le terrain. Souvent, c'est son adjoint qui rencontre la population à sa place, ce qui n'a pas manqué, au fil des ans, de créer des conflits.
Une ancienne employée de son bureau de circonscription qui a tenu à garder l'anonymat, raconte que la députée abusait de la situation. "Elle était 90 % du temps chez elle", dit-elle.
Les propos de cette ex-employée sont corroborés par Jonathan Paré, qui a lui aussi travaillé pour Sana Hassainia au bureau de circonscription de Varennes, en 2011.
"Elle était peu présente pour rencontrer les électeurs, les élus ou aller dans des événements. Elle offrait très très peu de plages horaires", dit-il.
Sana Hassainia, 40 ans, a été élue lors de la vague orange de mai 2011. À l'époque, elle résidait à Montréal et connaissait peu ou pas sa circonscription. Quand elle est entrée en poste, elle était déjà enceinte. Elle a accouché en novembre 2011 de son premier enfant. En juin 2013, elle a mis au monde son deuxième bébé.
La circonscription de Verchères-Les Patriotes regroupe 80 000 citoyens dans 11 municipalités, dont Boucherville, Sainte-Julie, Varennes ou encore Contrecoeur.
La députée s'explique
Lorsque nous avons sollicité une entrevue avec la députée, une employée de son bureau de circonscription nous a répondu qu'elle se trouvait chez elle. Sana Hassainia a d'abord refusé de s'expliquer sur ses absences, avant de changer d'avis 24 heures plus tard.
En entrevue téléphonique, elle affirme travailler à domicile : "Il y a les courriels, le téléphone... je continue de servir mes citoyens. Pas tous les jours, mais quand c'est nécessaire, je le fais. Je fais aussi de l'excellent travail dans ma circonscription".
Sana Hassainia explique qu'à Ottawa, elle évite les votes qui ont lieu l'après-midi et le soir. Elle trouve qu'ils ont lieu trop tard et qu'ils sont, de toute façon, peu pertinents.
La députée explique avoir gardé un mauvais souvenir de son retour "trop rapide" au Parlement après son premier accouchement en novembre 2011.
"Je l'ai regretté amèrement", raconte-t-elle. En juin 2013, après sa seconde grossesse, elle fait une dépression post-partum "de peur de ne pas pouvoir vivre avec mon bébé ses premiers mois".
Nous avons comparé l'activité parlementaire de Sana Hassainia avec celle de trois députées du NPD également jeunes mamans qui, comme elle, allaitent encore.
Sana Hassainia envisage de se représenter aux élections
La députée indépendante clame haut et fort que son travail n'est pas incompatible avec ses tâches de mère. Se représentera-t-elle? Elle répond : "Je suis à 50-50". Sana Hassainia évoque deux possibilités : se présenter pour le Parti libéral "dans un autre comté" ou pour la nouvelle formation politique Forces et démocratie.
En effet, depuis qu'elle a été élue en 2011 sous les couleurs du Nouveau Parti démocratique, la Tunisienne brille par son absence. L'an dernier, la députée, devenue indépendante après son élection, a manqué 94 % des votes à la Chambre des communes.
Cette députée de quarante ans est née à Tunis et y a même fait ses études supérieures dans la faculté des Lettres et des Sciences Humaines de Tunis (9 avril). Elle a poursuivi ses études plus tard à l'université de Montreal.
Voici un reportage signé Thomas Gerbet, publié par nos confrères du HuffPost Quebec
.
"Ne cherchez pas Sana Hassainia au Parlement après 16 h: elle est rentrée chez elle. Et encore, ce sont les jours où elle s'est déplacée au bureau."
"C'est mon choix, justifie-t-elle. J'ai une façon personnelle de concilier travail et vie de famille."
La députée, payée 163.000 dollars canadiens par année (soit 21.000 dinars par mois), reconnaît ne pas avoir une "assiduité suffisante". En 2014, la députée a participé à 16 votes sur 269.
Sana Hassainia s'est fait connaître en septembre 2012 en allaitant son bébé à l'intérieur de la Chambre des communes.
"Je suis fière d'être la première femme tunisienne à siéger au parlement canadien (...) J'accepte humblement cette mission et m'engage à les servir et à défendre leurs intérêts durant tout mon mandat." — La députée Sana Hassainia remerciant les citoyens de Verchères-Les Patriotes lors de sa première intervention à la Chambre des communes le 13 juin 2011
Très rares apparitions dans sa circonscription
Plusieurs sources au sein de sa circonscription décrivent une élue « fantôme », à son bureau comme sur le terrain. Souvent, c'est son adjoint qui rencontre la population à sa place, ce qui n'a pas manqué, au fil des ans, de créer des conflits.
Une ancienne employée de son bureau de circonscription qui a tenu à garder l'anonymat, raconte que la députée abusait de la situation. "Elle était 90 % du temps chez elle", dit-elle.
Les propos de cette ex-employée sont corroborés par Jonathan Paré, qui a lui aussi travaillé pour Sana Hassainia au bureau de circonscription de Varennes, en 2011.
"Elle était peu présente pour rencontrer les électeurs, les élus ou aller dans des événements. Elle offrait très très peu de plages horaires", dit-il.
« Les gens lui reprochaient [son absence] sur le terrain. Je l'entendais et je devais la défendre. Ils demandaient : "Pourquoi c'est vous qui êtes là et pas elle?" » — Jonathan Paré, ancien employé de Sana Hassainia en 2011
Sana Hassainia, 40 ans, a été élue lors de la vague orange de mai 2011. À l'époque, elle résidait à Montréal et connaissait peu ou pas sa circonscription. Quand elle est entrée en poste, elle était déjà enceinte. Elle a accouché en novembre 2011 de son premier enfant. En juin 2013, elle a mis au monde son deuxième bébé.
La circonscription de Verchères-Les Patriotes regroupe 80 000 citoyens dans 11 municipalités, dont Boucherville, Sainte-Julie, Varennes ou encore Contrecoeur.
La députée s'explique
Lorsque nous avons sollicité une entrevue avec la députée, une employée de son bureau de circonscription nous a répondu qu'elle se trouvait chez elle. Sana Hassainia a d'abord refusé de s'expliquer sur ses absences, avant de changer d'avis 24 heures plus tard.
En entrevue téléphonique, elle affirme travailler à domicile : "Il y a les courriels, le téléphone... je continue de servir mes citoyens. Pas tous les jours, mais quand c'est nécessaire, je le fais. Je fais aussi de l'excellent travail dans ma circonscription".
Sana Hassainia explique qu'à Ottawa, elle évite les votes qui ont lieu l'après-midi et le soir. Elle trouve qu'ils ont lieu trop tard et qu'ils sont, de toute façon, peu pertinents.
"C'est très très rare qu'un vote passe avec un gouvernement majoritaire. Donc, je me suis permis de le faire [les manquer], parce que ce n'est pas ma petite voix à moi qui va faire une différence."
La députée explique avoir gardé un mauvais souvenir de son retour "trop rapide" au Parlement après son premier accouchement en novembre 2011.
"Je l'ai regretté amèrement", raconte-t-elle. En juin 2013, après sa seconde grossesse, elle fait une dépression post-partum "de peur de ne pas pouvoir vivre avec mon bébé ses premiers mois".
Nous avons comparé l'activité parlementaire de Sana Hassainia avec celle de trois députées du NPD également jeunes mamans qui, comme elle, allaitent encore.
Interventions lors des débats parlementaires en 2014
- Sana Hassainia : 8
- Lysane Blanchette-Lamothe : 41
- Anne Minh Thu Quach : 45
- Rosane Doré-Lefebvre : 69
Sana Hassainia envisage de se représenter aux élections
La députée indépendante clame haut et fort que son travail n'est pas incompatible avec ses tâches de mère. Se représentera-t-elle? Elle répond : "Je suis à 50-50". Sana Hassainia évoque deux possibilités : se présenter pour le Parti libéral "dans un autre comté" ou pour la nouvelle formation politique Forces et démocratie.
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